Contrairement à certaines idées reçues, la fonction publique et les opérateurs publics ne sont pas en reste sur le plan des innovations organisationnelles et “managériales”. Après le “lean management”, voici débarquer “l’entreprise libérée” à Pôle Emploi.

Ainsi après “Pôle Emploi 2015” et le “pari de la confiance”, lancé dès l’arrivée de J. BASSERE à la tête de notre institution nationale publique (décembre 2011), la Direction Générale (DG) veut déployer “le nouveau pari de la confiance”. Sous couvert de nouvelles marges de manœuvre pour les agents et équipes locales de direction (ELD), alors qu’il est avéré qu’à l’inverse le travail des agents (jusqu’à l’examen de la posture de tous, et dans tous les sens du terme) et son organisation sont cadrés pratiquement au millimètre, la DG poursuit plus avant l’individualisation des rapports sociaux, contre le contrat collectif.

La Direction entend “libérer les initiatives locales” en permettant aux agents et aux ELD de faire remonter à un “comité national”, dont la composition n’est pas arrêtée, des projets divers et variés. Une “démarche” qui ne dit pas explicitement ce qu’elle recherche, à telle enseigne, qu’après que Force Ouvrière ait revendiqué que ce projet fasse au moins l’objet d’une information/consultation dans les instances de représentation du personnel, le Directeur Général Adjoint des Ressources Humaines finissait par nous répondre : “pourquoi consulter les IRP (Instances Représentatives du Personnel) sur un dossier dont je ne connais pas le contenu ? “. Sans doute est-ce là sa définition du "dialogue social"? Qu’il soit permis à une organisation syndicale responsable comme la nôtre d’opposer, à ce "pari de la confiance" aussi spécieux, le parti pris de la défiance face à ce qui ressemble grandement au concept plus que contestable de “l’entreprise libérée”.

Le but est clairement de déroger aux accords collectifs au niveau local, sous couvert de permettre à des agences de fonctionner soi-disant de manière plus souple. Devant l’innovation à tout crin, Force Ouvrière rappelle : CCN (Convention Collective Nationale), accords locaux et nationaux ayant conclus la pratique contractuelle, seule capable de prémunir les agents et cadres de la volonté de nos directions de nous isoler, au nom d’un très pervers "pari de la confiance", qui se veut approfon-

  dir le "management participatif" : “vous avez décidé ? (en fait, on nous le fait croire…) Vous en assumer les conséquences”…

Et après ? Qui et comment sont garantis les droits de tous ? A la CGT-FO, nous n’en démordons pas : droits collectifs et garanties collectives !

Dans le même temps, et ceci n’est pas déconnecté de cela, FO s’est prononcé contre le bilan présenté sur la situation économique et financière de Pôle Emploi, reflet de la politique d’austérité gouvernementale de 2016 et 2017. Entre abstentions et votes négatifs, aucun élu ni aucune délégation du CCE (Comité Central d’Entreprise) ne s’est prononcé pour. 9 contre (5 FO, 2 CGT et 2 SNAP), 9 abstentions (5 CFDT, 2 CFTC et 2 CFE- CGC), le SNU/FSU ne participant pas au vote.

Reflet donc de décisions politiques n’allant pas dans la bonne direction tel que l’autofi- nancement par Pôle Emploi du “plan HOLLANDE” 500 000 formations, quand l’Etat a dilapidé 40 milliards d’euros dans le dispositif CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) avec l’absence d’effets positifs sur l’emploi que l’on sait, le document de synthèse qui nous a été présenté tendrait à vouloir nous rassurer sur l’état des fi- nances de Pôle Emploi. Mais face aux incertitudes d’un programme électoral dont on attend de connaitre les déclinaisons gouvernementales en termes notamment de refonte du ré- gime d’Assurance Chômage, Force Ouvrière réaffirme ses revendications pour la défense de Pôle Emploi et plus spécifiquement en termes économiques et financiers, sur fond de remise en cause (voir le projet d'ordonnance gouvernemental) de la totalité du salaire différé (financement de la Sécu, existence même de l’UNEDIC). Force Ouvrière s’oppose à l’étatisation du RAC (Régime d’Assurance Chômage).