InFO News CCE

 Déclaration Force Ouvrière au CCE du 30/10/2017

Force Ouvrière tient à condamner les propos tenus par M. Laurent Wauquiez mercredi dernier lors d’un meeting où il s’est permis d’accuser les agents de Pôle emploi de conseiller aux demandeurs d’emploi de, nous citons ce responsable politique : « profiter un peu de la vie ».

 Venant d’un ancien secrétaire d’Etat chargé de l’emploi qui a exercé ce mandat durant 2 ans, 7 mois et 26 jours, période durant laquelle il ne s’est pas privé de visiter alors des sites Pôle emploi à grands renforts de battage médiatique pour porter Pôle emploi aux nues (cf. JDD 2010 : « Un an et demi après sa création, deux tiers des demandeurs d'emploi valident Pôle emploi, estimant que c'est plus simple (69%) et plus rapide (67%) qu'avant ».) tout autant que sa propre personne, la charge n’en est que plus méprisable. Et le juste reflet du climat délétère que se permettent d’entretenir les politiques de ce pays vis-à-vis des salariés privés d’emploi comme des collègues qui ont pour mission de les indemniser et de les accompagner dans leur recherche d’emploi en termes de placement et d’orientation ; filières dont nous demandons du reste le rétablissement.

 Pour Force Ouvrière, ces propos discréditent ceux qui les tiennent tout en participant objectivement de la croisade antisociale entreprise par ce gouvernement et ses prédécesseurs - en lien avec le MEDEF et leurs alliés - pour parvenir à la casse de nos conquêtes sociales et balayer d’un revers d’ordonnances et le code du Travail et l’héritage du Conseil National de la Résistance.

 Si M. Wauquiez se croit autoriser à stigmatiser les demandeurs d’emploi et les conseillers de Pôle emploi, c’est bien parce que depuis plusieurs années tout concourt dans le discours économique ultralibéral ambiant à assimiler les chômeurs à des oisifs.

 Et à montrer du doigt Pôle emploi en soulignant que nous ne servons à rien, à telle enseigne que nous pouvons bien nous passer de 297 emplois pérennes dès2018 et de l’apport en équivalent temps plein de nos collègues en contrats précaires, en ayant conscienceque ces chiffres irontcrescendo les années suivantes.

 Comme le dit si justement l’adage, « quand on veut noyer son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage » ?

 Il semble que lorsque on envisage de se débarrasser d’un opérateur public national garant de l’égalité de traitement des salariés privés d’emploi de ce pays, on en vient à le décrire comme stérile, pour mieux le privatiser ou le régionaliser. Mêmes méthodes, mêmes effets !

 Comment dès lors de ne pas s’inquiéter de la pérennité de Pôle emploi, quand la direction générale de notre institution opine du chef quand il s’agit de ratifier la baisse programmée de nos effectifs en assumant le fait qu’elle n’a pas utilisé pleinement son plafond d’emploi !!!

 Et ce, quand bien même les chiffres de la demande d’emploi concernant notamment les plus de 50 ans et les demandeurs d’emploi de longue durée ne cessent d’augmenter, l’embellie en trompe l’œil annoncée la semaine dernière ne trompant aucune personne capable de lire ces données en tenant compte de l’ensemble des catégories statistiques, de la précarité qu’on instaure et de l’inexorable augmentation des travailleurs pauvres.

 Si la solution envisagée par le gouvernement et ses amis c’est de régionaliser Pôle emploi, le seul fait que de semblables propos aient précisément été tenus par un président de région finira de convaincre les plus sceptiques de l’inanité d’une telle éventualité. Comme des risques majeurs encourus par le personnel de Pôle emploi et les demandeurs d’emploi livrés du coup à la merci de tels barons, préférant stigmatiser ceux qui subissent les conséquences de la conjoncture économique et sociale plutôt que s’attaquer à ceux qui en sont la cause !

 

 Comme nous avons eu l’occasion de le rappeler jeudi dernier lors de notre audition par la commission des finances du Sénat, face à un chômage de masse non seulement aucun emploi n’est de trop à Pôle emploi mais nous revendiquons la titularisation immédiate de tous les emplois précaires à Pôle emploi en réclamant davantage de moyens humains et matériels pour Pôle emploi afin de mener à bien les missions que la loi de 2008 nous a confiés, pour reprendre les termes de la résolution générale de notre Congrès fédéral qui s’est tenu la semaine dernière à Lille.

Un congrès lors duquel nous avons réaffirmé notre opposition à la régionalisation de Pôle emploi et revendiqué le maintien du régime paritaire d’assurance chômage financé par les cotisations sociales, en s’opposant à toute forme d’étatisation de ce dernier.

 Rappelons pour finir qu’aujourd’hui dans ce pays, un demandeur d’emploi sur deux n’est pas indemnisé et que pour ceux qui le sont, cela n’est pas de l’assistanat ou une incitation à se la couler douce mais du strict salaire différé issu de ses cotisations.

 

Enfin, plutôt que de stigmatiser les salariés privés d’emploi et les agents de Pôle emploi, nous préférerions de beaucoup que soit rétablie l’autorisation administrative de licenciement, que l’inspection du travail soit renforcée et qu’une pénalité financière soit instaurée pour chaque suppression d’emploi effectuée par des entreprises affichant des résultats positifs ou appartenant à un groupe affichant des résultats positifs, laquelle serait reversée à la Sécurité Sociale et au régime d’assurance chômage.

 Ainsi, après les « gens qui ne sont rien » et les « fainéants » d’Emmanuel Macron, les chômeurs qui se disent qu'ils vont « bénéficier des allocations-chômage pour partir deux ans en vacances » de Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement !), le laxisme présumé attribué à tort aux conseillers de Pôle emploi par M. Wauquiez vient renforcer notre crainte légitime de voir imposer très bientôt à Pôle emploi la mise en œuvre de mesures drastiques de contrôle des chômeurs à l’allemande : harcèlement quotidien, non-respect de la vie privée, etc.

 Le résultat d’une telle politique nous le connaissons déjà : augmentation drastique des agressions envers le personnel de terrain, aujourd’hui injustement mis à l’index par celui-là même qui reconnaissait il y a 7 ans qu’ils étaient parfois surchargés… Aujourd’hui il y a +88% de demandeurs d’emploi inscrits !!

  

Fort de ces constats et dans un contexte marqué par une défiance croissante du personnel envers les projets du gouvernement concernant l’avenir de Pôle emploi (cf. la disparition programmée de plusieurs centaines d’emplois en 2018, et de plusieurs milliers sur les 3 prochaines années…), la Cgt-Force Ouvrière, syndicat libre et indépendant de tout parti politique exige :

 -       le respect pour les conseillers Pôle emploi qui ont absorbé l’augmentation de 88% du nombre de demandeurs d’emploi depuis 2008 alors même que notre effectif n’a progressé dans le même temps que de 16%... avec des redéploiements, des restructurations incessantes et génératrices de RPS comme l’ont démontrées de multiples expertises mises en œuvre dans les CHSCT de Pôle-emploi, instances dont les ordonnances MACRON/PENICAUD signent l’arrêt de mort !!!

 -       l’augmentation de la valeur du point d’indice et du coefficient permettant le rattrapage immédiat des -7% de pouvoir d’achat perdus ces dernières années, afin a minima de reconnaitre leurs efforts accomplis quotidiennement, dans un contexte social délétère marqué par la montée de la violence tous azimuts

 -       Une réaction à la hauteur de l’indignation éprouvée par les salariés de Pôle emploi de la part de M. Jean Bassères, DG de Pôle emploi a priori reconduit pour 3 ans à son poste.

 

Par ailleurs, Force Ouvrière appelle d’ores-et-déjà tous les salarié-e-s de Pôle emploi – quel que soit leur statut où leur emploi – à se préparer à se mobiliser massivement à partir du 16 novembre prochain dans le cadre interprofessionnel, étudiant et lycéen à l’appel de la CGT, la CGT-FO, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL pour notamment :

 -       Le respect de notre dignité et celle des personnes privé-e-s d’emploi qui sont avant tout victimes des politiques ultra libérales menées par les gouvernements successifs depuis de trop nombreuses années

 -       L’arrêt immédiat des politiques de destruction systématique du service public de l’emploi et de la protection sociale et l’amélioration de nos conditions de travail

-       Le retrait des ordonnances MACRON/PENICAUD et des risques qui pèsent sur les droits des salariés-es et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ou de formation professionnelle ;

 -       Le retrait de mesures précarisant toujours un peu plus l’emploi et l’insertion des jeunes sur le marché du travail ;

-       Stopper la remise en cause des droits à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur.

 

Il en va désormais de la sauvegarde de nos emplois et de l’avenir de notre république sociale.